Agriculture et alimentation biologiques – Images d'en-tête (photo)

Alimentation durable, agriculture biologique et développement des espaces naturels

Mesure de l’impact

Les terres agricoles biologiques détenues par les exploitations financées par la Banque Triodos et Triodos Investment Management ont été en mesure de produire l’équivalent de 32 millions de repas en 2016, soit un volume suffisant pour nourrir durablement 29.000 personnes (30.700 en 2015).

Au total, la Banque Triodos et Triodos Investment Management ont financé environ 33.000 hectares de terres agricoles biologiques en Europe. Cela représente un terrain de football de surface agricole par groupe de 12 clients, chaque terrain produisant une quantité suffisante pour assurer 580 repas par an.

Nous avons également financé 28.000 hectares d’espaces naturels et protégés, soit environ 400m2 par client.

Par ailleurs, plus de 180.000 petits exploitants agricoles (100.000 en 2015) établis dans 19 pays du monde ont été payés directement lors de la livraison de leur récolte grâce aux mécanismes de financement commercial proposés aux coopératives agricoles par le Triodos Sustainable Trade Fund. En 2016, les clients du fonds ont permis que 98.000 hectares de terres puissent être cultivés de façon biologique (99.000 hectares en 2015). Il convient d’y ajouter 37.000 hectares en conversion vers l’agriculture biologique (34.000 en 2015) – un volume dont il faut tenir compte car la conversion en bio d’une terre agricole conventionnelle nécessite du temps.

Alimentation et agriculture biologiques – Mesures de l’impact (graphice)

Notre vision et nos activités

Pourcentage de nos crédits et investissements alloués au secteur biologique

Alimentation et agriculture biologiques – 4,9% de nos crédits alloués aux secteurs de l'alimentation et de l'agriculture biologiques (graphique circulaire)
  • 2,8% à l’agriculture biologique
  • 1,9% aux entreprises d’alimentation biologique

Crédits alloués à l’alimentation biologique, ventilés par sous-secteur

Crédits alloués à l'alimentation biologique, ventilés par sous-secteur (graphique circulaire)

Crédits accordés à l’agriculture biologique, ventilés par sous-secteur

Crédits accordés à l'agriculture biologique, ventilés par sous-secteur (graphique circulaire)

Pourcentages calculés sur la base des données disponibles au moment de la publication du présent rapport.

Notre vision sur l’agriculture biologique et le développement des espaces naturels

Notre relation avec la terre et la planète requiert une perspective systémique.

Nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir une vision du monde qui considère les terres agricoles comme le point de départ d’un processus d’extraction sans limite. Au contraire, l’agriculture doit être envisagée sous l’angle d’un système naturel. Ce système comprend les nutriments, l’eau, la biodiversité, le bien-être animal et les conditions sociales.

L’impact de l’agriculture

Nous avons besoin d’agriculteurs capables de prendre des mesures de protection et de recyclage des ressources naturelles. Nous voulons contribuer à la création d’un secteur agricole vivant et diversifié comportant un plus grand nombre de plus petites exploitations, plus proches des communautés et des consommateurs locaux.

Le respect du bien-être animal est un aspect fondamental de notre interaction avec le monde qui nous entoure et un principe clé de l’agriculture biologique.

L’agriculture biologique s’engage à respecter et à protéger la nature. Par conséquent, un de ses principaux objectifs consiste à appliquer des normes de bien-être animal supérieures à celles de l’agriculture traditionnelle.

Le respect des droits de l’animal découle de la conviction que les personnes ont une responsabilité en tant qu’espèce dominante sur cette planète. Il est également scientifiquement établi que les normes plus élevées de bien-être animal de l’agriculture biologique sont à l’origine de produits plus sains pour les êtres humains (en raison notamment du moindre usage d’antibiotiques). Des normes élevées de bien-être animal sont synonymes d’animaux plus sains et d’effets positifs pour les personnes qui peuvent consommer des aliments n’ayant pas nécessité de recours à des hormones artificielles ou à des antibiotiques.

Nos priorités

Nous sommes axés sur le soutien d’agriculteurs qui démontrent les avantages des principes de l’agriculture durable et biologique.

Nous voulons également encourager l’accroissement des terres cultivées de manière durable en finançant la conversion de terres cultivées de manière traditionnelle vers des approches biologiques. Nous souhaitons, par ailleurs, soutenir le développement sain du secteur alimentaire au sens large par le financement de producteurs, de distributeurs, de détaillants de produits alimentaires ainsi que d’entreprises de catering qui démontrent leur engagement en faveur de l’alimentation durable et répondent à la demande croissante d’aliments biologiques.

Nos activités

L’agriculture biologique n’utilise pas d’engrais ni de pesticides chimiques, reconnaît l'importance de la biodiversité et intègre les normes les plus strictes en matière de bien-être animal.

Tous les crédits de la Banque Triodos dans le secteur agricole sont consentis à des exploitations qui sont certifiées biologiques, sont en conversion vers une production biologique ou démontrent clairement leur respect de ces principes et pratiques. En outre, nous accordons des crédits aux entreprises de détail, de gros, de distribution et de catering qui proposent des aliments, des boissons et d’autres produits biologiques. Grâce aux fonds gérés par Triodos Investment Management, nous soutenons également les producteurs d’aliments biologiques et du commerce équitable dans les marchés émergents. L’un de ces fonds est le Triodos Organic Growth Fund, un fonds pérenne qui investit des capitaux privés sur le long terme.

En 2016, la Banque Triodos a collaboré avec différents acteurs, dont Eosta, distributeur international de fruits et légumes biologiques et équitables, pour développer une approche comptable du « coût réel » des entreprises alimentaires et agricoles. Les résultats de ce travail seront publiés en 2017.

 

Terres agricoles biologiques (en hectares) et pourcentage de l’ensemble des terres agricoles en Europe en 2011

Terres agricoles biologiques (en hectares) et pourcentage de l'ensemble des terres agricoles en Europe en 2011 (carte du monde)

Source : FiBL

La Banque Triodos finance 36.500 hectares de terres agricoles biologiques en Europe.

Exemples concrets

2016

The Vegetarian Butcher
 

Quel défi ce projet devait-il relever ?

Jaap Korteweg, exploitant d’une ferme biologique, a commencé ce projet de boucherie végétarienne il y a près de dix ans, motivé par l’idée d’exclure les animaux de la chaîne alimentaire. Il s’est rendu compte que nous élevions des animaux dans un seul objectif : les manger. Les animaux sont souvent considérés comme des « machines de production de viande ». De plus, un élevage intensif engendre régulièrement des crises, telles que les épidémies de grippe aviaire ou de peste porcine, induisant de vastes programmes d’abattage.

Ces problèmes peuvent être évités, car, selon Jaap Korteweg, les animaux ne sont pas nécessaires pour produire de la viande. Le projet Vegetarian Butcher permet de produire de la viande végétale. Mieux encore, il produit des saucisses, des boulettes et des croquettes à partir d’ingrédients végétaux - mais ayant la saveur et la structure de la viande.

En quoi l’approche du projet est-elle innovante ?

Le projet Vegetarian Butcher est un exemple classique d’une activité innovante, et ce, tant dans les recettes des produits que dans leur mode de commercialisation. La boucherie prépare les substituts à la viande à partir des graines de lupin et de soja afin de produire des fibres étant « fermes sous la dent ». Voilà les ingrédients principaux des produits qui fournissent la saveur de la viande.

L’entreprise s’est classée en troisième position au concours de la Gouden Gehaktbal [boulette d’or] organisé par un quotidien national néerlandais et rassemblant 43 participants ayant utilisé de la vraie viande. Le projet Vegetarian Butcher connaît une progression exponentielle. Les produits sont largement distribués et sont disponibles dans les rayons des magasins de produits alimentaires biologiques et des supermarchés classiques aux Pays-Bas.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur ce projet ?

La Banque Triodos a financé la construction et l’équipement de la Vegetarian Butcher Factory à Breda depuis le début de l’année 2017. Jusqu’à ce jour, l’entreprise sous-traitait la production de la viande végétale à des sociétés tierces. Mais, en raison de sa croissance rapide, il est essentiel que la production soit gérée par l’entreprise même. C’est ce qui a justifié la construction de la nouvelle usine, qui a ouvert ses portes en 2017. Outre le prêt accordé par la Banque Triodos, l’entreprise a également organisé une campagne fructueuse de financement participatif qui a permis de récolter 2,5 millions d’euros pour la construction de l’usine.

Quel est l’impact du projet sur le secteur ?

Jaap Korteweg est un entrepreneur à succès dont l’influence, en sa qualité de « boucher végétarien », inspire le secteur agricole et alimentaire.

En bref, il a débuté comme agriculteur biologique dans une entreprise familiale qui a été transmise de père en fils depuis des générations. Mais il poursuivait un rêve : produire de la viande végétale. La croissance de ses activités a convaincu d’autres agriculteurs biologiques qu’il est possible de réaliser un rêve avec une bonne dose d’inspiration et beaucoup de travail. Cette inspiration est essentielle dans un secteur souvent conservateur et protectionniste.

Quel est l’impact du projet sur la société ?

La pression écologique induite par la production de viande est plus importante que celle gérée par les cultures. Les bœufs, les porcs et la volaille, pour ne citer que ceux-là, engendrent d’énormes excédents de lisier qui polluent les sols et les eaux souterraines. Les exploitations avicoles rejettent également de gros volumes de particules fines qui polluent l’air et sont nocives pour la santé publique. La production de viande végétale génère donc une valeur ajoutée substantielle si l’on se place dans une perspective sociale. Elle permet simplement d’éviter des problèmes importants.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

La Banque Triodos finance les entrepreneurs qui travaillent avec leur cœur et leur tête. Jaap Korteweg en est un excellent exemple. Il poursuit un idéal social : produire de la viande saine d’une manière respectueuse de l’environnement et des animaux. Il est parvenu à atteindre son idéal. Cette association de l’idéalisme et du pragmatisme correspond parfaitement à la mission et à la vision de la Banque Triodos.

Färm
 

Färm désigne une coopérative de magasins d’alimentation durable proposant, notamment, des produits biologiques, locaux, issus du commerce équitable ou de petites entreprises familiales… Mais Färm représente bien plus qu’un magasin biologique. C’est une coopérative qui unit producteurs et consommateurs pour que le trajet parcouru par les aliments soit le plus court possible. Ainsi, la collaboration entre ces deux parties permet à notre société de se nourrir de la manière la plus durable et la plus délicieuse possible.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Notre vision est de faire de l’alimentation à nouveau un lien entre les hommes. Nous souhaitons utiliser l’alimentation comme un vecteur de sens dans la société, ce que nous avons perdu au cours de ces dernières décennies, étant donné que l’industrie agroalimentaire s’est convertie en une industrie financière et n’est plus vraiment le terreau de la société humaine.

À la base, un magasin est un lieu où des liens peuvent être noués, où les produits sont un vecteur de communication entre le consommateur, qui retrouve également le sens de son acte, et le producteur qui est derrière le produit et qui met tout son savoir- faire, son cœur, afin de le transformer en un produit qui va être consommé avec plaisir.

Quand nous avons débuté en 2009, nous étions parfaitement conscients que les consommateurs bio étaient des personnes extrêmement attentives, soucieuses de l’impact à la fois environnemental ou humain. Ces personnes ont également été une source d’inspiration au début de nos activités.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

Nous avons des démarches commerciales d’achat auprès des producteurs et des coopératives. Ainsi nous avons l’intention de faire avec Färm un outil qui permette de créer des filières résilientes en créant des coopérations effectives avec les producteurs. Agribio en est un exemple. Il s’agit d’une coopérative de producteurs céréaliers en Wallonie, mais qui sont également meuniers - ils font leur propre farine à la ferme. En 2016, nous nous sommes associés afin de créer une coopérative, dont les parts sont détenues selon un rapport de 50/50, afin de constituer une nouvelle coopérative boulangère. Cette coopérative produit tout le pain que nous distribuons dans nos magasins Färm, mais également dans tous les autres commerces souhaitant bénéficier de cette offre d’un pain 100% naturel et bio, sans ajouts de produits autres que de la farine, de l’eau et du sel.

La prochaine étape consistera à mettre sur pieds de nouvelles filières de production ayant un impact encore plus important : pour la viande, les produits laitiers, les produits céréaliers, les produits maraîchers.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

La collaboration avec Triodos nous a permis d’augmenter le nombre de points de vente puisqu’elle nous finance et nous accorde un appui enthousiaste à chacune de nos demandes. Nous avons noué une relation de confiance entre nos deux entités. De plus, la collaboration entre Färm et la Banque Triodos démontre également que nous maintenons le cap en plaçant la durabilité au centre de toutes nos activités. Je considère donc qu’il s’agit d’un véritable partenariat qui nous renforce mutuellement.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

Il est vraiment intéressant de constater que les fournisseurs et producteurs souhaitent de plus en plus construire avec nous des filières résilientes et durables, lorsqu’ils se développent via notre réseau. Nous concluons de bien meilleurs contrats avec eux et nous nous engageons essentiellement dans l’élaboration de cahiers des charges se focalisant sur les aspects environnementaux et sociétaux afin d’améliorer encore l’impact sociétal de l’alimentation biologique et durable.

Un producteur ne veut plus se cantonner à sa fonction de production de masse et d’industrialisation de l’alimentation, il souhaite renfiler ses habits d’artisan en termes de produits et de la terre. Pouvoir offrir à ces producteurs une occasion de développer leurs activités, de laisser libre cours à leur passion et leurs valeurs grâce notamment à la coopérative Färm et aux magasins est extrêmement passionnant.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

Les impacts sont doubles lors de l’ouverture d’un magasin Färm. Premièrement, la clientèle locale est très heureuse parce que nous ouvrons des points de vente à dimension humaine où la relation avec le commerçant est importante : par sa présence dans le magasin, notre personnel connaît nos clients et leurs habitudes. Nous réinstaurons donc une relation familiale avec le commerçant.

En ce qui concerne les collaborateurs, j’estime qu’ils recherchent également un sens dans leur travail, quel que soit leur emploi. C’est un réel défi à relever. Il n’est pas toujours aisé de se cerner la réalité et le sens d’un emploi qui n’est peut-être pas aisé au quotidien, à savoir travailler dans les champs, dans un magasin ou dans un bureau. Nous cultivons l’ambition que chaque action quotidienne au travail soit un acte de passion connecté à quelque chose de plus fort, de plus grand et de plus solidaire entre les différents acteurs, qu’il s’agisse des collègues ou des producteurs qui deviennent finalement des partenaires.

Via la coopérative Färm, nous poursuivons l’ambition de réinstaurer des liens au sein de la société tout simplement grâce à l’alimentation qui est la base de tout notre système.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Le choix des produits est un élément intéressant et une base commune entre Triodos et Färm. À l’instar de Triodos qui sélectionne soigneusement ses produits d’investissement et les entités à qui elle accorde un crédit, Färm agit de même dans la sélection de ses produits et producteurs. Nous ne collaborons pas avec tout le monde et ne référençons pas n’importe quel produit. Voilà un exemple de base commune réelle entre nos deux entités.

Afin de garantir que les produits que nous vendons dans les magasins Färm soient les plus réfléchis et les plus engagés du marché, nous avons institué un Comité de marque au sein duquel tous les collaborateurs sont désormais invités à participer et à sélectionner les produits et marques pouvant figurer dans le catalogue Färm. Les produits satisfont à une palette de critères très stratégiques définis dans notre charte des produits qui transpose nos valeurs dans la réalité. Il s’agit de critères tels que des produits Fairtrade, biologiques, locaux, directs, la taille de l’entreprise, si le produit provient d’une entreprise familiale ou non, etc. Tous ces critères se reflètent dans chacune des marques proposées dans les magasins Färm et sélectionnées par tous les collaborateurs de manière participative et égalitaire.

2015

Aarstiderne
 

Agriculture et alimentation biologiques – Exemple concret (photo)

Thomas Harttung, cofondateur d’Aarstiderne

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

En moyenne, si l’on considère l’agriculture biologique comme une industrie, nous faisons des promesses exagérées par rapport aux résultats obtenus. Søren [cofondateur d’Aarstiderne] et moi voulions aller à l’encontre de la pensée bio dominante pour devenir une entreprise performante. Nous voulions changer la façon dont les consommateurs perçoivent et consomment la nourriture.

Avec quelle innovation vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Dans une perspective stratégique, il était surtout question ces dix dernières années de faire entrer le bio dans les mœurs afin de le rendre pertinent pour le marché. Notre innovation consistait à fournir des paniers-repas contenant aussi bien des fruits et des légumes que de la viande et du poisson, et intéresser les gens au bio au travers d’expériences gustatives. En outre, nous développons constamment de nouveaux modèles d’agriculture.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

En 1999, la World Organic Conference a organisé un atelier - auquel j’ai collaboré - consacré à la rencontre entre les investisseurs à risque ‘verts’ et les projets d’entreprises vertes. Il s’agissait aussi de développer la confiance entre les entrepreneurs verts et les banques. La Banque Triodos participait aussi à cet atelier et depuis, nous avons développé d’excellentes relations. La banque a investi dans notre entreprise et notre financement est devenu plus durable. Triodos a compris que ce mouvement consiste à faire quelque chose qui a du sens à long terme.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Si l’on considère les deux à trois prochaines années, l’accent sera mis sur le développement d’un nouveau modèle d’agriculture biologique. Étant donné l’ampleur actuelle de l’agriculture biologique et l’intérêt manifesté par le public, il existe une véritable opportunité pour Aarstiderne de revisiter les principes les plus fondamentaux et de créer un système d’agriculture biologique qui soit plus en phase avec les aspirations et attentes réelles de nos clients.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Aarstiderne s’est développée et compte aujourd’hui près de 54.000 clients, principalement au Danemark et en Suède. Elle a élargi la distribution de paniers de fruits et légumes pour y inclure des paniers-repas contenant des ingrédients équilibrés tels que de la viande/du poisson, des aliments végétariens, des aliments diététiques, etc., ainsi que des recettes. Nous sommes leader sur le marché parce que nous améliorons sans cesse la qualité de vie des gens, tout en étant attentifs à la durabilité. Nous permettons aux gens d’avoir la vie qu’ils désirent vraiment. Les jeunes professionnels urbains se démènent énormément parce qu’ils aiment leur travail et leur carrière, mais cela affecte leur capacité à prendre soin d’eux-mêmes et de leurs enfants. Ils veulent des solutions pour bien manger du lundi au vendredi et nous leur fournissons des solutions cohérentes. La bonne nouvelle, c’est que nos clients auront des ambitions toujours plus grandes et nous trouverons toujours des manières d’apporter des solutions efficaces porteuses de bien-être, d’une plus grande durabilité et d’un plus grand confort.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Nos valeurs correspondent très largement à celles de Triodos. La Banque Triodos peut contribuer en étant un investisseur à long terme à nos côtés et également investir dans d’autres activités aux objectifs similaires, qui peuvent œuvrer à un meilleur avenir commun et à une innovation croissante. En apportant notre soutien et en investissant dans des entreprises qui partagent la même vision, nous pouvons augmenter la probabilité de générer un mouvement de grande ampleur.

Kwatrijn
 

Agriculture et alimentation biologiques – Exemple concret

Frank van Dommelen, senior relationship manager de la Banque Triodos

Quel défi a été la source d’inspiration du projet ?

Pour combiner la durabilité et le bien-être animal avec un management opérationnel moderne et rentable dans le secteur agricole, il faut innover constamment. C’est le cas de l’entrepreneur et agriculteur Sjaak Sprangers, qui gère sa ferme laitière partiellement située dans une réserve naturelle, entre Tilburg et ’s-Hertogenbosch, aux Pays-Bas.

Vu l’âge avancé de sa laiterie, il était devenu indispensable de trouver un nouvel abri pour les vaches de Sjaak. Le défi était ambitieux : construire une nouvelle étable, intégrée à l’environnement naturel, qui promeut le bien-être du bétail, limite les émissions d’ammoniac, protège les sols de la réserve naturelle, tout en offrant des perspectives à un entrepreneur moderne.

Avec quelle innovation Sjaak Sprangers s’est-il attaqué à ce problème ?

Tenant compte des multiples souhaits et contraintes, la construction d’une étable dans cet environnement naturel requérait un soutien très large et beaucoup de connaissances. Sjaak Sprangers a, dès lors, initié un dialogue avec des groupes environnementaux, l’association locale de défense de la nature, la municipalité de Kaatsheuvel, l’organisation agricole et horticole locale, l’association de protection des dunes, l’Université agricole de Wageningen et différents fournisseurs agricoles et techniques.

Pour la composante financière, il a approché un certain nombre d’organismes subsidiants à Bruxelles. Le ministre néerlandais des Affaires économiques a apporté sa contribution. Les fournisseurs et développeurs techniques ont également offert un soutien financier.

La combinaison de ces connaissances, de l’innovation, de l’inspiration, de la détermination, de l’engagement et de la passion de ces différents groupes a permis de développer un nouveau type d’étable, baptisée ‘Kwatrijnstal’.

En voici quelques caractéristiques :

Environnement :

La nouvelle étable abrite une laiterie innovante adaptée au paysage. Elle garanti un bien-être animal important, réduit les émissions d’ammoniac et peut compter sur un large soutien public. Elle est constituée d’un sol particulier, capable de séparer l’urine du fumier solide. Cela réduit fortement les émissions d’ammoniac et améliore la biodiversité.

Environnement naturel :

Grâce à son design transparent et à un modèle de toiture unique, l’étable s’intègre bien à l’environnement et les passants peuvent voir ce qui se passe à l’intérieur. Si on la compare à une étable fermée, la Kwatrijnstal apparaît comme nettement plus petite, en particulier parce que l’environnement est visible à travers le bâtiment.

La construction du toit, qui comprend différents niveaux, donne à l’étable une apparence plus sympathique, en harmonie avec l’ampleur du paysage et l’architecture traditionnelle de la région.

Bien-être animal :

Par rapport à une étable traditionnelle, les vaches ont 50% d’espace en plus pour se mouvoir. Des ‘îlots’ permettent aux bêtes de se coucher sur des lits de paille qui offrent une isolation et absorbent l’humidité. La paille apporte également une valeur supplémentaire au fumier solide. Une machine spécifique répartit automatiquement la paille dans les différents îlots.

La traite est réalisée grâce à un système mobile qui fonctionne à l’énergie solaire. L’étable est conçue pour qu’il n’y ait pas de ‘coins perdus’ où les animaux pourraient s’entasser. Les zones où les vaches peuvent se coucher sont très spacieuses et le portillon d’accès est ouvert. Cela évite que les bêtes ne se blessent elles-mêmes ou mutuellement. Évidemment, les vaches ont un accès illimité toute l’année à la réserve naturelle avoisinante.

Approche bio :

Les bêtes sont nourries avec des produits bio. Tout le fourrage provient de la réserve naturelle. Le fumier organique retourne à la nature.

La taille de l’étable réduit fortement les risques de maladie ou de blessure et les médicaments, tels que les antibiotiques, ne sont pas nécessaires. En partie pour cette raison, les vaches Jersey produisent un lait sain d’une qualité telle qu’il peut être transformé en crème glacée, fromage ou autre produit laitier bio au moyen d’un transformateur laitier de petite taille.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur le projet ?

Sjaak Sprangers possédait déjà une ferme bio et avait l’habitude de travailler avec l’une des grandes banques. Un financement supplémentaire était nécessaire car le projet exigeait une approche innovante et un support public. Il est arrivé à la conclusion qu’il avait besoin d’une banque qui correspondait à l’approche globale de son projet.

Grâce à la Banque Triodos, il a pu lever de l’argent ‘vert’ afin de construire l’étable. De plus, la Banque Triodos était bien connue dans le secteur et a fourni un apport constructif au cours de la planification du projet. D’autres parties prenantes ont également senti que l’implication de la Banque Triodos était positive.

Quel impact cette initiative a-t-elle eu sur le secteur d’activité concerné ?

Ce projet a suscité une forte attention des groupes de protection de l’environnement et de la nature, ainsi que de différentes organisations agricoles, en ce compris un groupe de travail et de conseil qui soutient les entrepreneurs désireux de développer des projets agricoles dans ou à proximité de réserves naturelles.

Le modèle de la Kwatrijnstal pourrait être adopté par davantage de fermiers. Ses promoteurs ont d’ailleurs l’intention de commercialiser le concept. Différentes excursions professionnelles sont organisées pour des collègues agriculteurs.

Quel a été l’impact local du projet sur la collectivité ?

Durant la préparation et la construction de l’étable, de nombreux voisins immédiats ont pu suivre ces développements. Cela a contribué à créer un large soutien public.
La nouvelle étable de Sjaak et Suzanne Sprangers a été inaugurée en grande pompe par la secrétaire d’État Sharon Dijksma en 2015, ce qui a donné au projet une visibilité nationale. L’étable et son approche montrent qu’il y a d’excellentes opportunités d’allier nature et agriculture.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision de cet agriculteur ?

Le propriétaire est un producteur laitier bio passionné qui peut raconter de nombreuses anecdotes au sujet de ses animaux et de l’environnement naturel. Le bien-être de ses bêtes est une priorité pour Sjaak Sprangers ; pour lui, c’est inséparable d’un système agricole qui permet à un maximum d’éléments naturels de retourner à la nature, sans nécessiter d’engrais, pesticides, herbicides et médicaments. Cette approche cadre parfaitement avec la mission de la Banque Triodos.

Méthodologie

La méthode de l’Empreinte écologique (EE), mise au point par le Global Footprint Network et diffusée par le World Wild Fund for Nature (WWF), a permis d’évaluer le nombre total de personnes pouvant être nourries à partir des terres cultivées biologiquement grâce aux financements de la Banque Triodos. Cette approche théorique établit le lien entre l’alimentation des personnes et les terres agricoles à l’origine de leur nourriture.

L’Empreinte écologique mesure les hectares globaux (hag) associés à une activité économique consommatrice de ressources. Le Global Footprint Network a évalué l’EE de nombreux pays. Il estime que pour l’ensemble de l’UE, il faut en moyenne 0,93 hag de terres cultivées et 0,23 hag de pâturages pour nourrir une personne pendant un an. Il fournit des estimations d’EE pour chacun des cinq pays dans lesquels la Banque Triodos finance l’agriculture biologique. Ces données ont été utilisées pour évaluer le nombre de personnes qui pourraient recevoir trois repas par jour grâce à la totalité de la surface agricole biologique financée par la Banque Triodos en Europe.

Nos calculs de mesure de l’impact ne prennent en compte que les projets ayant un lien direct avec nos activités de financement et d’investissement. Nous n’incluons que les exploitations privilégiant une agriculture biologique à la fin de l’année. Les fermes thérapeutiques sont prises en considération uniquement quand leur principale activité et source de revenus est l’agriculture biologique, avec une activité thérapeutique annexe. Parce que nous sommes souvent le principal bailleur de fonds d’un projet, nous prenons en compte 100% de la superficie concernée lorsque nous cofinançons un projet. Lorsqu’il est impossible de rapporter 100% des données requises, nous recourons à des estimations conservatrices.

Les calculs d’impact par client utilisés dans le rapport annuel reposent sur un total de 652.000 clients à la fin 2016. La surface estimée d’un terrain de football est d’approximativement 0,6 hectare.